« Encore un qui me prends pour Nikos ! », tente-t-il, pour détendre l’atmosphère… enfin, surtout pour tenter de se rassurer. Mais il devient de plus en plus évident qu’Alice se doute de quelque chose.
Le doute se forme alors vite en certitude :
« C’est-à-dire que Nikos ne ferait certainement pas la carrière qu’on lui connaît avec la coiffure de Nick Cave ! » dit-elle avant de pouffer. Machinalement, le jeune homme porte sa main à son crâne ou celle-ci rencontre une énorme mèche de cheveux bravant toutes les règles de l’apesanteur. A son tour, il se met à rougir.
« Alors, tu as tout vu ?
- Mmmmh… oui je dois l’avouer, dit-elle en se retenant de rire tout en papillonnant des yeux.
- Alors s’en est bel et bien fini, je dois donc te l’avouer : tout cela était un gag, organisé avec la complicité du contrôleur, qui s’avère être mon cousin, et avec qui j’entretiens d’EXCELLENT rapports. » Alice éclate de rire.
Et, une fois la voie dégagée, le voyage reprend. Les deux jeunes gens, qui se dévorent des yeux, se découvrent mutuellement, rient beaucoup, mais Lille se rapproche à grands pas et Nicolas, qui a du mal à admettre le fait de perdre de vue Alice à la sortie du train, ne peux s’empêcher de demander, le plus innocemment possible, bien sûr…
« Et sinon, à Lille tu vas faire quoi ? »
Nicolas ne le jurerait pas, mais il lui a bien semblé que le regard d’Alice fut fuyant l’espace d’une seconde, se reportant soudain vers son livre posé sur la tablette les séparant, avant de le regarder à nouveau. Ses yeux verts semblent s’être assombris, comme une prairie qui serait momentanément privée des rayons du soleil par le passage d’un nuage.
Pourquoi cette soudaine moue indécise ? Hésiterait-elle soudain à lui dévoiler quelque chose ?

