Elle referme son livre, et redresse la tête : "C'est à dire que je ne vais pas vraiment à Lille..." Nicolas fronce les sourcils : "Ah bon ? Tu es au courant que c'est le terminus de ce train et qu'il n'y a pas d'arrêt jusque là ?", elle sourit, décidément il est drôle ce garçon. "Non, je descends bien à Lille, mais je n'y reste qu'une heure, enfin moins maintenant étant donné qu'on est resté immobilisé assez longtemps" Tiens ! Combien de temps sont-ils réellement restés à attendre que la voix se dégage ? Alice est prise d'une angoisse soudaine. Et si elle n'avait pas sa correspondance pour l'Angleterre ? "On a perdu combien de temps ?" lui demande-t-elle. Nicolas, ressent bien la panique dans sa voix et lui répond : "Je ne sais pas trop, peut-être quarante minutes. ça c'est sûr, on est bien parti pour ne pas arriver à l'heure et pour se faire rembourser notre billet !"
Alice plonge la main dans son sac et en retire une petite pochette contenant plusieurs billets de train. Elle les compare tous les deux mais quelque chose ne va pas. Nicolas curieux lui pose la question :
- Il y a un problème ?
- Oui ! Un gros problème !
- Ah ?
- J'ai une correspondance à prendre à Lille, j'avais une heure de battement, mais là du coup, ça va être juste ! Je vais la rater !
Nicolas tente de rassurer Alice. Il s'avance vers elle et lui pose la main sur l'avant-bras. Alice est troublée, c'est pas souvent qu'un garçon pose la main sur elle, c'est peut-être même la première fois en fait, mis à part les membres masculins de sa famille :
- Ne t'inquiète pas, euh... Je crois que nous ne nous sommes pas présentés en fait ! Moi c'est Nicolas, et toi ?
- Alice.
- C'est très joli comme prénom.
Mais Alice ne semble pas l'écouter, elle est ailleurs, dans ses pensées. Elle est à la fois perturbée par cette main posée sur son bras, et l'idée qu'elle risque de louper sa correspondance...

